La malediction d'Edgar Marc Dugain
La malédiction d’Edgar de Marc Dugain, soit la vie du mythe Edgar Hoover à la tête du FBI. Roman ? Biographie ? Marc Dugain crée ici un étonnant mélange où on ne sait ce qui est vrai, ce qui est faux, tout semble juste, probable mais aussi invérifiable. Marc Dugain utilise la figure ambiguë de Clyde Tolson, n°2 du FBI, comme narrateur et penche vers la théorie sur l’homosexualité de ces deux célibataires. On suit donc leurs turpitudes, leurs certitudes pour une gestion des Etats Unis, Hoover assit sur son royaume, roi indéboulonnable plus puissant que le président, compilant cherchant tout ce qui pourrait être une faille chez ses adversaires, ses amis (s’il en a eu, hormis Clyde Tolson). C’est un roman étonnant, ambitieux sans être vaniteux, au style quasi clinique sur le goût du pouvoir et des contradictions qu’il faut pour le conserver. L’homosexualité de Hoover, pris comme un fait dans ce livre crée une sorte de loupe les contradictions de l’homme entre les idées générales, nos théories, nos principes et leurs applications toujours moins simples dans un quotidien et sur un plan
personnel. On pense de temps en temps à American tabloïd d’Ellroy, les sujets des deux livres se croisant, certaines théories également, mais là où Ellroy partait dans tous les sens, on est ici sur quelque chose de (trop ?) carré. Un vrai plaisir de lecture en tout cas et un roman qui change de l’autofiction française.