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le blog bartllebooth Blog de vieux con

Les onze Pierre Michon

Bartllebooth
C’est une rencontre littéraire 17 ans après une rencontre physique lors d’une conférence à la bibliothèque de Tours. Pierre Michon. Pourquoi me direz vous aller à une conférence d’un écrivain dont je n’avais rien lu ? Eh bien j’avais suivi une amie à l’époque, elle m’ayant dit que  cela aurait pu m’intéresser. Elle ne croyait pas si bien dire, même si j’ai mis du temps à le découvrir... 17 ans, une broutille dans une vie. Bon, avouons le, à l’époque elle m’aurait demandé de l’accompagner à une conférence de Guillaume Musso  Marc Lévy ou un concert d’André Rieu  j’aurai suivi rien que pour le plaisir d’être avec elle....
 Me voilà donc dans ma librairie, je vois le livre de Pierre Michon, souvenirs de l’amie ( de la conférence je n’en ai qu’un, un homme posant une question en se referant à Télérama,  et une partie de l’assemblée se gaussant discrètement avec un snobisme nauséabond, snobisme dont je fais preuve aussi parfois, on est toujours le con de quelque un mais aussi le snob d‘un autre), et achat immédiat.
C’est livre court, 120 pages environ , sur un tableau, peint pendant la révolution, tableau qualifié de cène laïque par Michelet  des années plus tard. Pierre Michon recherche donc  avec ce court récit (roman ? Rêverie ? ) la gangue de cette oeuvre, un pourquoi et un comment mi imaginaire, mi enquête, fait de suppositions  allant de la famille du peintre à la commande finale. Au moment d’écrire ces lignes, je ne sais même pas si je le connais ce tableau, pas de net à disposition... il est au Louvre, mais je ne pense  pas l’avoir déjà vu, et sinon Pierre Michon me l’aura représenté parfaitement dans l’idée, dans le sentiment.

Il m’a fallu quelques pages pour me faire aussi bien au style qu’à une langue  et puis d’un coup, pris dans un rythme, pris dans les mots, je suis tombé subjugué.  L’écriture est sublime, envoûtante on pense presque à un travail d’un tailleur de pierre dont le geste doit être juste , unique car toute erreur casse l’oeuvre complète. En tentant de s’approprier ce tableau ,Michon aborde autant l’universel que le minimalisme, la cruauté de l’homme, l’inégalité, les révolutions, l’amour, la peur, le désir (une demie page sublime). En peu de mot, il lâche des bombes dans votre esprit, et vous savez qu’elles ne vous blesserons pas mais vous rendrons plus humble, plus intelligent, plus humain.

Et puis ce soir avant de publier cette notule, je flâne sur le web et je me rends compte qu’heureusement que je n’ai eu cette source d’information avant , car cela aurait tout gâché... Pour ceux qui veulent lire le livre, n’allez pas plus loin.


Le tableau n’existe pas.... Magnifique conclusion, ce qu’est la littérature en définitive
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