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le blog bartllebooth Blog de vieux con

Hyrok Nicolaï Lo Russo

Bartllebooth

9782756102085C’est presque étonnant comment ce livre m’est arrivé dans les mains. Chez ma libraire préférée, je lui commandais  ce livre Hyrok de Nicolaï Lo Russo, dont j’avais noté le titre dans un petit carnet sans me souvenir d’où j’en avais entendu parler (Peut être le monde des livres) "edit: après une enquète approfondie, il semble que le monde des livres n'en ai pas parlé mais le "toujours en avance" Thom. C'est là que j'ai du noter le titre. Allez voir les commentaires, cela vous permettra de vous rendre compte que votre serviteur est un peu...ailleurs"  ni de quoi il parlait. « Advienne que pourra » pensais-je, je le commandais en me disant que si j’avais fait l’effort de noter le titre et l’auteur, c’est que quelque chose m’avait titillé.

Nous voilà donc à cheval entre l’année 2044 et le milieu des années 90 et 2000. De 2044, nous avons le fils d’un photographe mort, possédant la dernière photo d’une série que réalisa son père et qui fit sa renommée. Cette photo semble avoir une immense valeur et le fils tente avec l’ensemble des données à sa disposition (cahiers, fichiers informatiques, blogs, DVD) de retracer la vie de son père, Louison Rascoli et de nous faire comprendre comment la dite photo dont on ne sait rien, a pris tant de valeur. De 2044, on bascule donc à l’orée des années 90 et à l’ascension puis à la chute d’un photographe.

 

C’est la fin d’un monde que nous décris ce livre, la fin d’un monde lié à un paradoxe, l’avènement d’internet, du numérique, qui  a détruit le métier de photographe alors qu’il n’y a jamais eu autant d’images, mais de ce foisonnement s’est créé une uniformisation plus qu’une multiplication des sources et des talents.

On suit Louison Rascoli dans ses premiers pas de photographe, de ses espoirs à ses échecs.  Cela permet à l’auteur d’embrasser autant le monde de la mode, que de la publicité, du statut des artistes que de la commercialisation et de l’utilisation du sexe dans notre société occidentale.

On pense en lisant ce livre au Beigbeder de 99 francs (la première partie de 99 francs  seulement, la seule intéressante), jumelé avec un Maurice G Dantec moins nihiliste. Cela foisonne, cela vit, cela utilise  tous les ressorts modernes du langage et des sources de narration. C’est (peut être) un peu trop long mais le rythme est soutenu et le travail sur le langage à travers le personnage et ses évolutions mentales est très intéressant. C’est un livre ambitieux, qui, s’il pèche à vouloir embrasser trop de sujets, permet aussi de sortir d’une routine dont le roman français est souvent friand. Il est décevant  cependant que la partie anticipation (2044) soit juste effleurée et du coup un peu incompréhensible.

Enfin, la dernière chose qui me semble intéressante à souligner, est que ce livre a été publié si j’ai bien compris d’abord sur Internet sur le site de l’éditeur avant de voir sa version papier publiée. Autant l’éditeur que l’auteur semble embrasser les nouvelles technologies pour ne pas se laisser submerger par elle, mais créer un mouvement grâce à elles.  

 

L’auteur, photographe possède un site et un blog mais pour ceux qui seraient intéressés par la lecture de ce livre, je déconseille (mollement) d’aller voir les œuvres photographiques de Nicolaï Lo Russo avant, car si ce n’est pas rédhibitoire, cela peut vous influencer sur certaines images mentales en cours de lecture.

 

Commentaires

Thomas 15/12/2009 10:34


"Créer un mouvement grâce à elles"... tout à fait l'impression que j'ai également.