IN TNE MOOD FOR FICTION

Lundi 16 avril 2007 1 16 /04 /2007 15:33

Je n’aime rien tant que sortir,   que quand il me sort. Seule je ne suis rien, je ne fais rien, je suis totalement dépendante de lui mais c’est ainsi je l’accepte, de lui j’accepte tout…Il m’emmène dans de grandes salles ou dans des bars enfumés car j’aime être regardé, j’aime que l’on nous regarde. Quand il me prépare, me fait belle, je suis aux anges,  il tellement prévenant, pas de maquillage je n’aime pas cela, je ne suis pas faite pour cela, juste un peu de crème pour que ma peau brille à la lumière. Il me met mon manteau, ma protection comme il me dit et nous voilà partis, dans le métro, en taxi pour une sortie d’un soir ou bien l’avion parfois quand il m‘emmène en voyage.

 

 Nous arrivons, nous nous installons, il est tellement galant que toujours il m’aide à me dévêtir. Ensuite il me parle toujours doucement, cela fait pourtant tellement d’années maintenant. A entendre sa voix je me souviens alors de la première fois, des premières fois, il n’osait pas me sortir, ce n’est pas qu’il avait honte de moi oh non c’est de lui qu’il avait honte , de sa « gaucherie », de son inexpérience. Il avait lu pourtant, il se sentait prêt, mais il fallait nous apprivoiser, nous connaître, nous trouver.

 

Ensuite, ensuite je me mets contre lui, tout contre lui il me tient fermement, je sens son torse si puissant je ne peux m’en  lasser. Ses mains enfin, elles savent tout, elles connaissent tout de mon corps, elle savent où aller, où se perdre dans mes rondeurs. Nous ne sommes plus tout jeunes pourtant mais au lieu de se lasser  de ces années de pratique commune, nous avons progressé, nous avons appris l’un de l’autre. Il me caresse, ses mains montent descendent et je fini par donner le cri qu’il veut, le contact qu’il veut  et je vois alors son visage en extase. Et là tout le monde a  l’air heureux, car rien ne lui plait plus que de le faire en public devant du monde avec ses amis, en groupe cela en est indécent mais le plaisir est si intense  que je ne peux rien dire. Au début c’est vrai quant il n’était pas encore sur de lui, il ne me caressait, touchait que chez lui mais maintenant nous sommes si demandé…ah vive ma vie de contrebasse, elle est si belle dans les mains d’un grand musicien

 

Par BARTLLEBOOTH - Publié dans : IN TNE MOOD FOR FICTION
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Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /2009 15:30

Cela a démarré sur un différent sur un écrivain dont j’ai apprécié la prose sur deux livres, le fameux Pierre Michon…Hélène, nouvelle venue mystérieuse sur ce blog à audience confidentielle, n’a comme qui dirait pas la même opinion que moi sur le grand ( ou Petit )Pierre. Suite à quelques échanges sur le sujet, elle m’a lancé une sorte de défi, de jeu en démarrant deux histoires en singeant, raillant le style baroque et parfois emphasé de Pierre Michon. Je pouvais en choisir qu’une, j’ai choisi les deux, prolongeant son démarrage. Voici donc mes suites  

 

Vies majuscules : "je suis prof, et je vis en majuscule... Je trottine le trottoir noir de l'ennui qui me mène dans les tréfonds inauguraux de l'insensé. Oh ! Insensé, je te connais ! Je suis la démesure de l'insensé qui me conduit vers la cage des poulets qui attendent leur pitance : mouture vagabonde des blés mûris aux soleils incandescents des étés généreux... si généreux, oui, si généreux. Nectar fécond que je dispense à l'aune du jour naissant. Ils étaient là, mes élèves piteux sans pitance. M, P, j'allais, derrière mon bureau aux odeurs crayeuses des falaises bretonnes rayonner le désir confondu du monde et de la concupiscence…que leur permettait leurs jeunes années innocentes. Si jeunes, si frêles comme des roseaux, mais cette concupiscence ce désir nourri de leur jeunesse, de leur corps nourri aux agapes du printemps rendait leurs corps plus dur prêt à murir comme les blés. Je sentais ce regard qu’on les hommes à mon égard, regard que ces « presque » hommes découvraient en eux, pensées attitudes, gestes dont peu de temps avant dans leurs intérieurs arides, plein de fantasmes enfantins de parents aimants mais naïfs, ils ne soupçonnaient même pas l’existence. Et les regards de ces filles « femmes », plein de haine, d’envie et d’effroi devant tant de complexité, devant ce que je représentais, ce que je reflétais m’amusait.

Oui, ma vie est en majuscule même si l’ennui de mon métier de gardiennage à vertu pédagogique pouvait en réduire le sens. Seulement, voila dans la représentation de la vie, de l’Homme, dans le théâtre social, j’avais simplifié au maximum l’effort nécessaire à la ligne de flottaison de l’acceptation par les autres en jouant dans ma vie sociale sur cette image pour tranquillement masquer tout le reste ce reste presque infini, cet oméga  de doutes dont l’autre, les autres ne pouvaient même pas en comprendre l’alpha.

Seulement voilà ce matin…

 

vie minuscule"je suis allongé sur les rails et j'attends. Je sais qu'il viendra, qu'il viendra pour m'écraser et qu'ensuite, tout sera fini Mais il faut que je vous dise. Mon suicide n'est pas de ceux qui se font à l'impulsion... Mon suicide, je l'ai en moi, depuis ma naissance. Il est là et me taraude encore à l'heure où je vais mourir, à l'heure où tout est décidé, à l'heure de l'ultime témoignage. Car voyez-vous, ma vie, c'est de la culpabilité et je n'y peux rien. Je ne sais si je peux vous dire... mais, si, je peux vous dire car ici et maintenant, plus rien ne compte, alors, je vais dire. Enfin !, je vais témoigner !. et mon témoignage sera de ceux qui se font sur le dos, mains ouvertes vers le ciel qui m'attend... Je ne mentirai pas. Je vais étirer ma vie comme un corps sur le rail à l'heure du train qui passe.

Tout a commencé le jour où entre les jambes d'une femme, j'ai vu le jour... Ma mère, de constitution fragile a peiné pour que je vive...." peiné comme elle avait peiné jusqu’à présent, à ne pas vivre, ce mot n’existait même pas dans cette campagne creusoise qui fut la sienne et par la magie, par  sorcellerie, par chance ou malchance fut la mienne également. On ne vit pas,  on survit, on attend, on besogne, on se fait besogner admettant par dépit, par ignorance, par stupidité tout ce que l’on subit, sans révolte, sans dégout, juste parce que c’est  comme cela et juste le dimanche en écoutant un homme en robe noir suspendu au dessus de nous, fier de sa supériorité de façade, que son poste,  que sa position lui conférait, on espérait que oui après, plus tard, dans une autre vie,  cette existence  de peine et de souffrance serait récompensée par autre chose, par un Walhalla, un paradis un ailleurs ou ces souffrances étaient censées se transformer en bonheur majuscule que nos vies minuscules n’imaginaient même pas l’existence.

Peinant à vivre, peinant à naitre, les seuls sons sortant de la maigre carcasse qui me servait de corps et en cet instant précis et me permettant d’avoir enfin une réalité physique furent des râles, une brève  toux qui déjà inquiétèrent l’entourage proche de la ferme isolée qui me servirait d’antre au moins pour un temps.  Ma mère elle dans cet instant ne fut pas inquiète, ce fut peut être seulement le seul moment où elle ne le fut pas en contemplant mon corps qui serrât (qui fut) toujours trop fragile.  Epuisé par un accouchement difficile, elle gisait là inerte dans un abandon que seul ce moment de magie et de souffrance laissait sans jugement tous les autres…

 

 

Ma Chère Hélène, maintenant que faisons nous ? il est évident que nous devons continuer, je m’amuse déjà comme un gamin, mais maintenons nous ce jeu à nous deux ou l’ouvrons nous aux autres (est ce que d’autres veulent participer ?). En attendant j’attends vos suite ma chère

Amicalement

Par Bartllebooth - Publié dans : IN TNE MOOD FOR FICTION
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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /2009 19:04

Voici donc la suite de ce qui démarra en boutade et qui se transforme en pingpong de création. Hélène ne veut suivre que la partie minuscule, je vais  donc sur ses traces et vous trouverez ma suite. Pour ceux qui n’ont pas lu l’épisode 1, c’est ici, ensuite en rouge ce qu’a créé Hélène et ma suite.

 

 

Alors il faut que je vous dise un peu de cette femme qui fut ma mère, un peu de cette femme qui m'a fait naître dans la besogne... car c'est ma mère, quand même... J'ai su plus tard. Le sang qu'elle avait perdu, le mal que ça lui a fait quand je suis venu, quand j'ai déchiré son corps pour naître. C'était le sang ajouté au sang car il faut que je dise aussi à sa décharge :  un jour, un homme, de passage dans la campagne creusoise, l'avait prise et l'avait saignée et elle avait saigné en silence parce qu'elle ne savait pas comment faire autrement.... pendant  neuf mois, elle a porté le goût de ce sang dans son ventre, un sang qui grandissait en elle, le sang nourrissier de l'opprobre. Innocent ! pourtant, innocent ! car moi, qu'est-ce que j'avais à voir avec tout ça ? .... J'étais comme tous les autres dans un corps de mère à venir, un foetus qui devient quelqu'un qui doit naître. Et c'est pourquoi, naturellement, je suis venu, un jour. Je suis l'innocent nourri au sang du viol. C'est pourquoi je dis que je suis né dans le sang... Plus tard, j'ai eu l'âge du questionnement, alors j'ai demandé où il était, mon père : elle m'a dit : "il est là" Et elle m'a montré sa bouche aux dents brisées... Plus tard, un peu plus tard, elle m'a dit : "ton père, il est là". Et elle a montré, - et j'ai vu ce jour-là combien son doigt était sec et sans amour -  oui, elle a touché, là sur mon visage, la tache de vin qui le défigure. Ma tache de vin... la tache du sang de ma mère... à jamais gravé sur ma peau. Ma tache de vin, c'est la vengeance de ma mère sur mon père... Mais c'est elle qui me l'a faite, elle et elle seule.... et je l'aime comme une justice de la vie sur la honte. Je l'aime comme j'aime peut-être ma mère. Ma tache de vin, elle a cette forme étrange de la femme qui a saigné et qui n'a pas su aller au-delà du sang, qui n'a pas su pardonner ... C'est quelque chose qui a une forme de carte géographique, carte d'un pays haï, honteux et coupable : c'est le legs de ma mère sur mon visage innocent. Il faut que je le dise, et il faut aussi que je vous la décrive, la tache.... elle est là sur moi, en moi, dans le regard des autres, dans le regard des miens, sauf peut être dans mon propre regard sauf si par hasard vous croisez ces objets qui reflètent non pas ce que vous êtes  mais ce que vous représentez aux yeux du monde. Cette face flottante d’un iceberg, dont pourtant le dessous est infini vous apparait alors dans son mensonge le plus nu et dans sa vérité la plus triste. Plus tard, bien plus tard, cette tache j’y trouverai, j’y chercherai une signification, un sens, comme si moi, ce visage, ces deux couleurs ne pouvaient que représenter l’Homme dans ce qu’il a de plus beau et de plus sale, comme si j’eu pu être le yin et le yang humain.

Elle court le long de mon visage s’abrogeant  une moitié plus ou moins claire dans sa verticalité. Ni traits droit, ni angles, juste des courbes, des virages, comme le corps d’une femme mais ces courbes ne me rendaient pas l’attrait des rondeurs  d’une femme, elles créaient juste dans le regard des autres de la peur de la gêne et parfois de la haine.

Pour ma mère, cela lui rappelait  juste cet épisode si court dans le temps, de souffrance due au hasard et cette honte qui resterait à jamais en elle, sur moi, entre nous et les autres.

Bien sur en famille, on faisait  comme si, comme si de rien était, comme si tout cela pouvait être naturel (cela l’était naturel, mais de cette nature sauvage, indomptée que n’accepte pas l’homme depuis la nuit des temps)  mais le monde ne se terminait pas au cercle familial d’une ferme  creusoise. Il y avait une vie en dehors, proche et lointaine à la fois, quelques kilomètres sur des chemins boueux et une ville (qui n’était en fait qu’un pauvre village, mais ca je ne le saurai que plus tard quand j’aurais parcouru la saleté du monde). Là, là bas, je n’étais plus que ce visage, cette tache, peu de significations sur l’historique de celle si, mais juste la haine de ce que tous auraient pu être. J’airai pu vivre reclus, enfermé, un St François d’assise des tachetés, des lies de vin, mais non il fallait un jour ou l’autre s’ouvrir au vaste monde et à sa cruauté par le biais d’une école de village.

 

Ma chère Hélène, la balle est de nouveau dans votre camp

Par Bartllebooth - Publié dans : IN TNE MOOD FOR FICTION
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