Francis Ponge le monologue de l’employé
« …je gagne ma vie paisiblement, sans peine, en faisant un travail régulier et facile pour lequel je ne risque pas du tout d’être ennuyé gravement.
Tout a été soigneusement nettoyé et mis en place lorsque j’arrive ; quand je ferme la porte et m’en vais, saluer mes chefs, aucun souci ne sort avec moi. Ainsi je gagne ma vie qui s’écoule avec assez de lenteur et d’aisance, et que je goutte beaucoup, à sa valeur. »
« Cependant le soir, libre de mon temps, je prends conscience d’être un homme pensant : je lis et je réfléchis, réservant une demi-heure à cet effet avant de dormir.
Dans ce moment, une amertume coutumière m’envahit et je me prends à songer que je suis vraiment un être humain supérieur à sa fonction sociale. Ma je dis alors une sorte de prière où je remercie la Providence de m’avoir fait petit et irresponsable dan un si mauvais ordre des choses.
Si la colère m’anime je me calme aussitôt, songeant à cette fortune d’être placé, par mes intérêts comme par mes sentiments, dans la classe qui possède la servitude et l’innocence.
Esclave je me sens plus libre qu’un maître chargé de soins et de mauvaise conscience.
Je rêve quelque fois au monde meilleur que mon enthousiasme refroidi me représente plus rarement depuis quelques années. Mais bientôt je sens que je vais dormir.
Et je tourne encore mon esprit vers mon enfant qui me lie à l’ordre social et dont l’existence aggrave ma condition de serf. Je pense aussi à cette femme…Alors ma respiration devient tout à fait régulière car la tranquillité m’apparaît comme le seul bien souhaitable, dans un monde trop méchant encore pour être capable de se libérer, d’après ce que disent les journaux. »
Ce texte a été publié en 1926. Que dire d’autre…rien je vous laisse seul juge….je n’adhère pas à tout mais….


Extrait tiré de Théorie et pratique des rivières
Tiré de l’usage du monde
Ah ces instants où tout semble parfait en place…fluide, tout cela est fugace mais quand on attrape un instantané au vol, la vie prend l’espace d’un instant tout son sens et semble moins futile ou inutile. Je ne peut que vous conseiller de lire ce livre de Nicolas Bouvier, comme le reste de son œuvre, un être unique, des livres ouverts sur le monde et une franchise sur les peurs
« La croissance pour la croissance, c’est l’idéologie de la cellule cancéreuse »
Poème tire du recueil
je trouve ce poème magnifique, sur la peur de la mort de la maladie et ces sons dans la tête qui rendent fous. Je trouverai plus positif une autre fois…désolé, la beauté reste la beauté même quand elle est triste.
La
fulgurance du jour, je l’ai lu dans Libération, dans un article qui méritait à peine une attention distraite sur un quai de gare éclairé par un soleil automnale... Libération a (re)trouvé son sens
du titre, « un corbeau tombé du nid » et un ¼ de page sur l’homme qui est supposé avoir envoyé ces fameux courriers avec de vrais balles dedans qui faisait bien bien peur à nos
représentants... Cette affaire a pris une proportion qui semblait au mieux risible, mais comblant les vides temporaires de l’information... On découvre donc ce jour l’arrestation d’un homme,
membre d’un club de tir, membre handisport comme le précise le président du club ( quelle classe) et en fin d’article une phrase d’un certain Bernard, membre du club à propos du geste de notre
corbeau national temporaire
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