IN THE MOOD FOR CITATIONS

Vendredi 6 juillet 2007

 

Francis Ponge le monologue de l’employé

 

« …je gagne ma vie paisiblement, sans peine, en faisant un travail régulier et facile pour lequel je ne risque pas  du tout d’être ennuyé gravement.

 

Tout a été soigneusement nettoyé et mis en place lorsque j’arrive ; quand je ferme la porte et m’en vais, saluer mes chefs, aucun souci ne sort avec  moi. Ainsi je gagne ma vie qui s’écoule avec assez de lenteur et d’aisance, et que je goutte beaucoup, à sa valeur. »

 « Cependant le soir, libre de mon temps, je prends conscience d’être un homme pensant : je lis et je réfléchis, réservant une demi-heure à cet effet avant de dormir.

 Dans ce moment, une amertume coutumière m’envahit et je me prends à songer que je suis vraiment un être humain supérieur à sa fonction sociale. Ma je dis alors une sorte de prière où je remercie la Providence de m’avoir fait petit et irresponsable dan un si mauvais ordre des choses.

 Si la colère m’anime je me calme aussitôt, songeant à cette fortune d’être placé, par mes intérêts  comme par mes sentiments, dans la classe qui possède la servitude et l’innocence.

 Esclave je me sens plus libre qu’un maître chargé de soins et de mauvaise conscience.

 Je rêve quelque fois  au monde meilleur que mon enthousiasme refroidi me représente plus rarement depuis quelques années. Mais bientôt je sens que je vais dormir.

 Et je tourne encore mon esprit vers mon enfant qui me lie à l’ordre social et dont l’existence aggrave ma condition de serf. Je pense aussi à cette femme…Alors ma respiration devient tout à fait régulière car la tranquillité m’apparaît comme le seul bien souhaitable, dans un monde trop méchant encore pour être capable de se libérer, d’après ce que disent les journaux. »

 

Ce texte a été publié en 1926. Que dire d’autre…rien je vous laisse seul juge….je n’adhère pas à tout mais….

 

 

Par BARTLLEBOOTH
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Vendredi 6 juillet 2007

Extrait tiré de Théorie et pratique des rivières

 

J’ai décidé de ne plus rien décider,

d’assumer le masque de l’eau,

de finir ma vie déguisé en rivière,

en tourbillon, de rejoindre à la nuit

le flot ample et doux, d’absorber le ciel,

d’avaler la chaleur et le froid, la lune

et les étoiles, de m’avaler moi-même

en un flot incessant.

  Pour moi ce poème est la définition parfaite de la « fluidité » que je recherche et que hélas j’atteints rarement. Cette quête d’une forme de zen qui ferrait appréhender le monde en l’absorbant, en étant le monde…j’ai encore du boulot…

 

 

 

 

Par BARTLLEBOOTH
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Vendredi 6 juillet 2007

Tiré de l’usage du monde

 

« Finalement, ce qui constitue l’ossature de l’existence , ce n’est ni la famille, ni la carrière, ni ce que d’autres diront ou penseront de vous , mais quelques instants de cette nature , soulevés par une lévitation plus sereine encore que celle de l’amour, et que la vie nous distribue avec parcimonie à la mesure de notre faible cœur »

 

Ah ces instants où tout semble parfait en place…fluide, tout cela est fugace mais quand on attrape un instantané au vol, la vie prend l’espace d’un instant tout son sens et semble moins futile ou inutile. Je ne peut que vous conseiller de lire ce livre de Nicolas Bouvier, comme le reste de son œuvre, un être unique, des livres ouverts sur le monde et une franchise sur les peurs  qui sommeillent en chacun de nous. Unique et irremplaçable. INDISPENSABLE.

 

 

Par BARTLLEBOOTH
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Lundi 23 juillet 2007

« Le chemin de l’excès mène au palais de la sagesse. » 

 

 

 

« Tu ne peux connaître ce qui est assez, que si tu as d’abord connu ce qui est plus qu’assez »

 

J’aime bien ces deux là et ils sont une spéciale dédicace à quelqu’un qui les connaît déjà. Quand sommes nous dans l’excès, qu’est ce que la norme. La plupart d’entre nous ont connu des situations limites, ont commis des actions limites, le tout est d’en tirer des leçons mais lesquelles ? Juste apprendre et se construire sa propre philosophie de vie avec ces imperfections. Parfois en ayant goûté l’enfer, le purgatoire peut sembler moins morne et les coins de paradis qui s’ouvrent parfois deviennent les plus beaux des rêve…Carpe Diem comme dirait l’autre et agit pour ne pas regretter (plus simple à dire qu’à faire dans mon cas)

 

 

 

Par BARTLLEBOOTH
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Mercredi 1 août 2007

« La croissance pour la croissance, c’est l’idéologie de la cellule cancéreuse »

 un peu politique cela non ? dit par un écrivain revendiqué comme chantre de la « conscience cow-boy », elle est lisible à plusieurs niveaux Soit dans un coté rétrograde, qui pourrait être la limite de cet écrivain, soit dans un réflexion sur ce que l’on veut de notre avenir, croître pour quoi ? j’ai eu un professeur d’anglais  qui disait que avant de commencer quoi que ce soit l’on devait se poser la question du but final  à atteindre et du message que l’on veut  faire retenir. A partir de là seulement se posait la question du ou des moyens à mettre en œuvre. Je tente d’appliquer ce précepte mais on veut que tout aille tellement vite  qu’il est dur de se poser pour réfléchir, seul le mouvement semble avoir du crédit même si il est vers l’abyme. Le mal actuel peut  être ?

 

 

 

 

 

Par BARTLLEBOOTH
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Lundi 6 août 2007

Poème tire du recueil  Lointains et  ghazals

 

Quelqu’un crie presque en morse 

 trois longues, un brève, encore

trois longues. Homme, femme ou animal ?

Chambre bleue pâle. Combien sont morts

ici et y mourrai-je les oreilles martelées

par la douleur de trois longues, une brève, trois longues ?

Ce n’est jamais un gémissement, ça monte

du fond de la gorge

trois longues, une brève, trois longues. 

Partout les bêtes écoutent ce cri.

c’est sans doute de la musique pour les dieux-

trois longues, une brève, trois longues.

Je ne sais pas qui c’est,

une belle femme aux poumons de lionne

hurlant trois longues, une brève, trois longues ? 

 

 

je trouve ce poème magnifique, sur la peur de la mort de la maladie et ces sons dans la tête qui rendent fous. Je trouverai plus positif une autre fois…désolé, la beauté reste la beauté même quand elle est triste.

 

 

 

 

Par BARTLLEBOOTH
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Mardi 22 septembre 2009
La fulgurance du jour, je l’ai lu dans Libération, dans un article qui méritait à peine une attention distraite sur un quai de gare éclairé par un soleil automnale... Libération a (re)trouvé son sens du titre, « un corbeau tombé du nid » et un ¼ de page sur l’homme qui est supposé avoir envoyé ces fameux courriers avec de vrais balles dedans qui faisait bien bien  peur à nos représentants... Cette affaire a pris une proportion qui semblait au mieux risible, mais comblant les vides temporaires de l’information... On découvre donc  ce jour l’arrestation d’un homme, membre d’un club de tir, membre handisport comme le précise le président du club ( quelle classe) et en fin d’article une phrase d’un certain Bernard, membre du club à propos du geste de notre corbeau national temporaire  « Il est assez bête pour l’avoir fait, mais pas assez intelligent pour l’avoir pensé » je n’ai qu’un mot, MAGNIFIQUE, la plus belle définition du con...
Par Bartllebooth
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