Isola blues (lullaby) ed Mcbain
J’ai toujours aimé comparer les titres originaux aux traductions françaises car on a parfois de drôles de surprises…pour l’anecdote j’ai un souvenir d’enfance qui reste ancré en moi. Je devais avoir 10 ou 11 ans et ma chère mère m’avait emmené voir out of africa à Versailles (je me souviens encore du cinéma en centre ville) et voyant l’affiche avec marqué OUT OF AFRICA (souvenirs d’Afrique) , je lui déclarais d’un ton péremptoire (je crois hélas que j’ai encore ce ton, parfois, sans le vouloir et que je blesse les gens à mon grand désarroi) que OUT OF voulait dire souvenirs et AFRICA Afrique….traduction littérale complètement fausse et stupide et je vois encore le regard d’un futur spectateur ( nous étions dans la queue) et j’ai compris à l’instant même que
j’avais dit une énorme bêtise…la honte de ce regard existe encore en moi….tout cela pour dire que le traducteur de ce roman de Ed Mc bain est passé de Lullaby à Isola blues. On pourrait critiquer mais en fait c’est brillant, autant le titre original n’est pas trop parlant, autant le titre français montre l’évolution du 87eme district et du blues des policiers face à un monde qui les dépasse. Ce roman a été écrit en 1989, l’époque du crack et d’une violence endémique à New York (et donc dans son miroir romanesque, la ville d’Isola). Il y a deux histoires qui se croisent pour le coté policier, une vente de cocaïne entre jamaïcains et chinois, et de l’autre le meurtre du jour l’an d’une baby Sitter et d’un bébé de six mois. Une affaire sera résolue, pas l’autre et l’ombre des années 80 et du mythe de l’argent
facile plane sur ce livre. Pour le suivi des personnages « secondaires » quelques clefs et avancées psychologique nous donnant à voir l’empathie réaliste de l’auteur. Avec ce roman ce termine pour moi le tome 6. Je n’ai plus qu’a entamer le tome 7(