C’est un livre court, une centaine de page , une nouvelle qui n’en est pas une, un concentré, une gangue autant dans le texte que dans l‘unité de temps.
Nous voici donc à Vienne au début du siècle, le carnaval, un couple, le jeu du mystère, quelques allusions, quelques révélations et le couple va vivre une nuit entre rêve et réalité, chacun de son
coté, dans un flou entre fantasme et tentation, acte et désir.
Ce qui est étonnant, ce que malgré son age, ce texte n’a pas vieilli, quelques tournures de phrases peut être mais dans le fond, le sujet est brûlant, toujours autant d’actualité. Ce rapport au
couple, l’unité, la vérité, le mensonge, le désir d’ailleurs, tout est abordé, presque découpé au scalpel et grossi au microscope électronique. Arthur Schnitzler fut un ami de Freud, on sent
donc bien ce rapport au rêve, à l’inconscient.
C’est magnifique, mais (presque) dérangeant et dutdonc, vu la date de publication, novateur.
Dernière chose, c’est de ce livre que s’inspira Stanley Kubrick pour faire Eyes Wide Shut.
Me revoilà donc, après une disparition temporaire comme un E chez Perec... Mais je le sais des rumeurs on couru pendant mon absence ( une voix m’a même dit de bouter les anglais hors de
France mais la garde de mes moutons m’en a empêchée)...
- je dois vous l’avouer tout d’abord, j’ai échoué... oui moi, j’ai échoué... je croyais avoir de bonnes chances mais.... non pas que je briguai la direction de l’EPAD, je n’ai pas de papa, je suis
déjà trop vieux et pour avoir travaillé ( brièvement) dans une des tours de la défense, je ne suis pas sur de vouloir promouvoir le centre d’affaires
affilié à ce quartier... non j’ai échoué à mon pot de départ de mon entreprise, où je n’ai pu
m’empêcher de pleurer, alors que ce départ n’était qu’une volonté personnelle de voir autre chose... mais voir 35 personnes avec qui vous avez partagé quelques années de travail commun,
c’est émouvant... ils me le rendirent bien avec quelques cigares offerts et un glenfarclas de 25 ans qui méritera une chronique à lui seul.
- Ensuite, par un hasard de circonstance, mon changement d’entreprise se croisa avec un changement d’opérateur internetien... Pas loin de 3 semaines pour transférer ma ligne, de grands moments de
frustration à attendre un hypothétique SMS de confirmation d’ouverture de ligne ... Je suis tenté de faire une allusion aux suicide dans ce qui est devenu mon ancien opérateur, mais ce ne serait
pas très correct, je le remercie juste d’avoir coupé ma ligne début octobre et de ne l’avoir donnée au nouveau que 3 semaines plus tard.... Oui merci. Cette coupure me permit quand même de me
rendre compte de ma dépendance au web, alors je fais le fanfaron en disant que je ne regarde presque pas la télé mais finalement l’addiction aux écrans s’est juste transférée d’un média à un
autre... Internet est peut être plus interactif pour moi ( ce blog en est une preuve) mais l’addiction reste quoi qu’il se passe...
- Nouveau travail, redémarrage (presque ) à zéro, tout est pareil et tout est différent, impression fugace de retourner à l’école.... plus prosaïquement une nécessité de se concentrer sur
tout car on ne sait au départ faire le tri sur les informations qui arrivent par vagues, comprendre le nouveau monde dans lequel on va nager... intéressant de repartir, d’ être non pas en danger
mais moins à l’aise, moins facile, douter, réfléchir, se remettre en cause... Vivre.
- Je ne suis pas parti non plus en Suisse pour défendre
Polanski, ni passer au 20 h pour défendre Frédéric Mitterrand... Les deux affaires sont liées, je tente de ne faire aucun jugement mais ces deux affaires me font m’interroger sur moi même, car si
dans le cas de Polanski, je suis plutôt vindicatif ( mon histoire personnelle créant un prisme de lecture grossissant ) , j’ai une tendance à une mansuétude première pour le
deuxième.... Et pourtant, qui est le plus coupable entre un qui paye pour des relations tarifées avec des boxeurs de 40 ans ( sic) et un homme qui a abusé d’une gamine de 13 ans il y pas loin de 40
ans... Pourquoi cette mansuétude ( l’autre est il consentant parce qu’il a été payé ?) d’un coté et ce dégoût pour l’autre et de ne pas croire à un pardon alors que la victime l’a fait... Je
m’interroge sur le pardon, les gestes, la justice et ses interprétations et mes propres interrogations qui sont sans réponse.... Pas de jugement du coup pour moi, trop facile de réagir de façon
primal, je laisse tout cela au jugement des autres, quoi qu’il se passera je n’en penserai rien, ou je penserai en m’interrogeant sans cesse, sans avoir sur ce coup là de réponse, juste plus
de doutes .
- Dernière note du week-end, une de mes filles à 39°4 ce soir, tousse, a mal à la
tête, a des courbatures .... tout rapport et symptômes avec un virus à l’image de Babe le cochon est je l’espère fortuit... suite demain, et qui sait, une mise en quarantaine...
Heureusement Internet est revenu
edit : visite lundi soir chez le médecin, pas de h1N1...banal virus d'un
automne pas automnal
ce blog va être en congés quelques jours, le temps d'un basculement d'un opérateur téléphonique à un autre,
internet et le 22 à Asnières sont donc indisponibles dans la maison Bartllebooth.
Je mettrai surement une ou deux vidéos dans la semaine, mais ne vous attendez pas à un activité blogesque conséquente, à bientôt.
En attendant voici deux versions de mon groupe obsession de la semaine....The Frames...je me demande encore comment je suis passé à coté de ce groupe depuis le début des années 90
La version studio de song for someone qui est du coup un peu fixe mais concentrez vous sur la musique, j'écoute cela à fond depuis le week-end.
et la version accoustique chantée par Glen Hansard le leader du groupe
C’est un geste à l’apparence banal, du quotidien presque.... Il est pour moi source de tourments, de recherche sur le pourquoi d’une telle angoisse au moment du geste... acheter
une paire de chaussons.... C’est qu’on a l’air con avec des chaussons , mais l’utilité ,l’automne approchant , se fait sentir,pour ne pas salir la maison, ne pas avoir froid à ses pieds de
vieux.... Il m’a donc fallu me rendre dans un magasin de chaussures, contempler un rayon qui même avec le meilleur agenceur du monde ( là on avait peut être un des plus mauvais) ressemblerait à un
mouroir pour pieds et chercher le moins pire et même le choix fait, se dire que c’est le pire de toute façon... ce moment de perplexité est un abyme de désespoir pour moi à coupé un week-end fait
de plaisirs si ce n’est simples, rendant au moins la vie simple et belle.
Un vendredi soir avec une sortie entre collègues, une (presque) fête pour mon
départ, ( même si ce n’était pas le but de la sortie) , profiter de personnes avec qui pour certains j’ai passé plus de 7 ans et qui dans une semaine ne seront plus des collègues mais d’anciens
collègues... Un début dans la cave de
mon chef à méditer sur le fait que le
vouvray est le vin le plus convivial du monde, puis se rendre dans un restaurant bar ( le publick house ) à Tours pour.... Manger... Boire... Et écouter un groupe de blues.... Je l’avais
presque le blues du coup à partager ce moment avec des personnes que je ne verrai plus quotidiennement..... Et une conclusion, quelque soit les prises de gueule que l’on peut avoir au
travail, derrière chaque collègue il y a un humain, et quand l’humain disparaît de l’entreprise, c’est l’entreprise elle même qui se dissout.... Rire ,se parler... se toucher et vivre.
Le coup du blues du chausson passé, le samedi devint des plus
merveilleux, ma soeur jumelle venant d’accoucher d’une petite Margot, j’en ai eu les larmes aux yeux, que ce qu’elle désirait arrive enfin, tant de souffrances de doutes et enfin la
lumière merveilleuse de la vie... Bienvenue à toi ma reine Margot, et félicitations aux parents, tu as réussi ma soeur, que te vienne la sérénité. ce moment pu en plus être partagé avec ma mère et
une de mes cousines, du coup le vouvray coula de nouveau...
Le dimanche, on trouva un château pour la nouvelle reine, Valmer, qui
organisait une fête de la courge ( au moment de me présenter, on m’annonça que c’était un concours local et que mon statut de champion du monde la courge vivante m’interdisait d’y
participer.... )je pensais à Linus
alors et espérait presque qu’il puisse retrouver dans ce mélange the great pumpkin, ce qu’il attendra toute sa vie de personnage de strip, cet espoir qui nous fait vivre et qui nous permet
d’avancer au risque d’être déçu.
En conclusion, la chanson qui m’a obsédé tout le week-end, un groupe que je ne connaissais pas The Frames, chanson attrapée dans le premier épisode de LIFE ( j’y reviendrai sur cette
série).
Finalement, ne s’en tenir qu’à l’essentiel, la plausibilité peut être,la croyance en une histoire dont vous ne savez finalement si elle est vraie
ou pas.
Tout vous ferait dire que ce n’est « finalement » qu’un récit mais le ¼ de couverture nous rappelle que c’est le grand retour de François Bon au roman alors.... et bien alors on
saisi les mots au vent, on se laisse embarquer et vogue le navire....
Cela commence par une forme de théorie , cet incendie du Hilton et puis on suit notre narrateur ( François Bon ou le personnage de nous même que l’on se crée tous à un moment ou à un autre) .
Montréal, une ville, un hôtel, un salon du livre, des écrivains qui se connaissent ou pas, un hôtel et un incendie, un grain de sable.... un grain de sable dans un quotidien bien huilé, un
quotidien amputé de 4 heures, de semi errance dans un bout de quartier, qui pourrait être là comme ailleurs, de lieux qui de nuit n’ont plus leur rôle premier et ces écrivains, ces ôtes de l’hôtel,
pas vraiment pris en charge, ce qui amène des rencontres inédites, et un changement dans le prévisible.
On suit donc cela d’un oeil amusé, François Bon nous menant dans ce lieu physique et dans son mental avec ses obsessions sur l’avenir du livre, le numérique la ville. C’est amusant, réfléchi, après
y a t il eu un incendie au Hilton de Montréal ? Qu’importe, en lisant ce livre on est sur que tout cela a eu lieu.
Cette petite notule est en forme de blague privée.
Les témoins directs et indirects de ma journée comprendront.
Les autres pourront juste repenser à cette scène devenu culte, mais ce qui n'enlève pas le ridicule de cette sortie de VGE ( hormis si l'on se dit qu'il part pour écrire le passage, ou faire
croire qu'il a plus de charme que le prince Charles...et alors là cette sortie n'est juste qu'un tour de chauffe)
Maintenant, j'ai tout de même un doute, étais je VGE aujourd'hui ?
Un livre sur un funambule qui est.... Déséquilibré ( le livre pas le funambule )... C’est le paradoxe du dernier livre de Colum McCann « Et que le vaste monde poursuive sa course
folle ».
Le postulat de départ du livre, ce sont des vies qui se croisent à New York alors qu’un équilibriste tente de traverser sur un fil (feues) les tours du world trade center. Se croisent une
prostituée de 38 ans et sa fille et ses petits enfants, un prêtre irlandais vivant dans le Bronx, son frère venant le rejoindre ( et personnage liant les autres au même titre voir plus que le
funambule), le funambule, une bourgeoise dont le fils est mort au Vietnam etc..
On retrouve le talent indéniable de Colum McCann pour créer des personnages, son écriture a toujours eu une capacité à rendre physique des personnages de papier, un coté tridimensionnel,
vivants, de chair et de sang,là devant vous.
Le seul (petit) soucis, c’est l’équilibre de l’histoire qui est un poil bancale, on ne trouve pas un fil tendu tout le long du livre, la corde se tend et se détend selon les moments d’où des
flottement passagers. Ce n’est pas grave en soit, car le livre reste ( très) bon, sauf que McCann m’avait (nous ?) habitué à un tel niveau d’excellence que l’on reste sur sa fin. Finalement
écrivain de roman, de nouvelles et de biographies romancées, McCann cette fois embrasse un peu de trois mais un équilibriste n’a que deux jambes....
Cher Philippe ( j’espère que vous me permettez de vous appeler Philippe même si ne nous connaissons pas )
Vous écrire par le biais de blog ne me semble ni la chose la plus sensée ni la plus raisonnable que j’ai faite de ma vie car j’ai cru comprendre que dans la maison que vous possédez en Normandie
vous n’avezpas internet, la probabilité que vous puissiez tomber sur cette notule
est donc de l’ordre de gagner au loto ou de sortir avec Sophie Marceau ( ou Julianne Moore) pour moi.
Figurez vous que jeudi soir j’ai regardé la télévision ( oui cela m’arrive), attiré par une émission appelé la grande librairie. Comme je me permets de vous appeler Philippe, je vous doit la
vérité. Ce n’est pas pour vous que je m’étais dis que j’allais donner un peu de temps de mon cerveau disponible à une émission de télévision. En fait c’est la présence de Colum McCann qui
avait attiré le chaland que je suis , car je venais de terminer son dernier livre. Je ne suis pas un fanatique des émissions littéraires car finalement si un écrivain était bon vendeur, il
n’aurait pas fait écrivain mais... Vendeur. Inversement les meilleurs vendeurs ( ou camelot de télévision) ne sont pas forcément les meilleurs écrivains, quoi que cette notion est un peu vaine, car
totalement subjective.
Bref en attendant l’arrivée de Colum ( oui du coup lui aussi je l’appelle par son petit nom ), je me laissais tout d’abord endormir par Marie Ndiaye , qui elle du coup n’est pas très bonne
vendeuse, puis vint votre tour.
Vous avez donc publié un livre et vous m’en voyez ravi. Si c’est sérieux et honnête, j’ai lu quelques livres de vous, la première gorgée par exemple et ce n’est pas parce que livre a eu un
énorme succès que je nierai le fait que je l’avais apprécié. J’en ai lu d’autres aussi, la sieste la tranchée et j’ai aimé.
Vous voici donc à la grande librairie présentant ( vendant ?) votre dernier livre quelque chose en lui de Bartleby. Le nom me fait penser à mon pseudo (égocentrisme quand tu nous tiens ) , quoi que
je sais vaguement que c’est une figure centrale de la littérature mais hélas j’ai du raté cet épisode de la littérature, comme bien d’autre, mais bon. Ce nouveau livre raconterait d’après ce
que j’ai compris le changement dans la vie d’un postier qui après avoir créé un blog devient plus ou moins célèbre et ne sait pas trop comment gérer cela. Les amateurs de vie publique et de
la vie contemporaine ne manqueront pas de faire le rapprochement avec votre propre vie et le succès de la première gorgée. Raison, pas raison, je m’en moque un peu chaque lecteur ne met que ses
propres intentions et son propre inconscient dans la lecture.
L’homme qui servait de passe plat ( l’animateur quoi) vous posa alors une question sur les blogs et votre sentiment là dessus. Votre réaction m’étonna. Si j’ai bien compris votre propos ( peut être
que mon cerveau n’était pas si disponible que cela), c’est que vous ne compreniez pas trop ces gens qui écrivent des blogs après leur journée au travail et que ces gens se trompaient si ils
pensaient avoir une ouverture sur le monde et sur la vie car la vie était en dehors ( Lapalisse n’aurait pas dit mieux). Je dois avouer que je fus un peu estomaqué car pour écrire un blog, il faut
bien un contenu et donc vivre quelque chose, après, dedans, dehors, par le biais d’internet, d’un bar, d’une promenade dans la rue, ou de quoi sais je d’autre, il n y a ni bon ni mauvais et je ne
vois pas ce que publier sur internet quelques réflexions sur une vie ( vécue ou pas du coup je ne sais pu trop ) à de mal et empêche de vivre. Et là une question me tarauda l’esprit, quand vous
Philippe écrivez un livre ce moment ou vous vous installez sur une chaise ( ou fauteuil ou lit ) et écrivez ( ordinateur, stylo, une secrétaire peut être ? ) êtes vous dans la vie ou pas ? En
dehors en dedans ? En quoi écrire un livre ouvrirait plus au monde que d’écrire un blog ? Je ne nie pas par contre le travail sur le style et l’écriture qui me semble pour un livre bien supérieur
mais le propos n’était même pas là.
Bref je n’ai pas compris cette prise de position qui honnêtement vous donnais un air de vieux c**, ce qui en soit n'est pas grave, je le suis depuis mes 12 ans.
Je pense même lire votre livre,comme quoi je ne suis pas rancunier...
Cordialement
Bartllebooth
Ps J’avais lu il y quelques années un livre sur le même sujet, cela s’appelait la libellule de ses huit ans de Martin Page qui avait connu aussi les affres du succès avec son livre précédent.
J’en garde un bon souvenir, j’espère que votre livre me donnera le même
Ps 2 j'ai mis 45 minutes à écrire cette lettre, ce moment fut il en dehors ou en dedans de la vie ?
Un week-end
mobile dans l’immobilité, quelle belle chose... un samedi classique, courses, gardiennage d’enfants pour le papa le samedi matin , anniversaire chez un copain d’école pour les filles,
bricolage, jardinage, le quotidien de parents de jumelles de 6 ans, en pleine croissance dirons nous. C’est d’une banalité que l’on se persuade que l’image que l’on renvoie est celle de
l’ennui ( ce que l’on peu croire de sa propre vie parfois) alors que ce n’est juste que la vie même, la vie n’est ni un roman, ni une série télé ni un film à grand ou petit spectacle, elle est,
c’est tout, sans avance rapide, sans retour en arrière, son propre rythme variable donnant le tempo, nousnous contentant de suivre, avec parfois le sentiment que nous ne suivons pas ou que nous n’allons pas assez vite. Ces dans es
moments là que l’on se sent dépassé... Futile sentiment qui n‘apporte rien car le mouvement suit son avancée inéducable .
Le dimanche lui nous fit recevoir des amis, et tel un repas d’été nous mangeâmes dehors, agrippant ce moment comme si il était le dernier d’une saison qui si elles jouent les prolongations ne se
terminera non pas avec un but en or mais quand le mauvais temps automnal dira stop... Au menu, je sortis mes classiques, tomates marinées et chantilly au basilic, dinde marinée au citron et
aux herbes, de bons fromages et une tatin pour le dessert... il fallut comme dans toute bonne maison qui se respecte sortir du vin et là je
sortis mon extra brut pour l’apéritif et nos amis vinrent avec une bonne surprise, un
Cheverny ( signe inconscient de ma future nouvelle localisation ? J-15) bio de chez Philippe Tessier... l’ouverture tardive donna un nez un poil trop alcoolisé mais le goût en bouche rattrapa tout
par une légèreté de façade, montrant un assemblage donnant un vin gourmant avec des aromes d’abord sur le fruit puis une pointe d’acidité non pas par manque de travail mais par
équilibre et une finale toute en rondeur. Une vraie découverte pour moi, me rabibochant avec les vins de ce coté de la Loire, pas d’emphase juste un produit... juste.
Je ne pouvais terminer là dessus, et j’allumais alors dans le jardin un cigare conseillé par
un collègue, un Flor de celva, cigare du Honduras, qui comme le vin n’était pas dans l’emphase, pas trop fort au goût et là sous le cerisier à contempler le ciel, je
pouvais dire, ah je suis heureux... Cette joie se propagea jusqu’au soir et me fit alors danser et me
trémousser sur un vieux titre de Curtis Mayfield, ouais, je suis superfly.
La vérité sur Marie... La vérité sur qui demanderont les non lecteurs de Jean Philippe Toussaint. Être un non lecteur de jean Philippe Toussaint, c’est finalement dommage, c’est passer à
coter de quelque chose, d’un grand écrivain qui a mûri son style avec le temps et qui là est parfait.
Les lecteurs de cet auteur eux connaissent déjà Marie, la compagne puis ex compagne du narrateur, personnage , alter ego ou bien l’auteur lui même se mettant en scène. Qu’importe qui il est ou qui
il n’est pas.
Marie et lui se sont aimés ( faire l’amour), se sont séparés ( Fuir) et nous les retrouvons à la suite de cette séparation ( la vérité sur Marie). Chronologiquement, la première partie du
livre commence par un retour à Paris, puis la deuxième par ce qui a pu se passer avant, à Tokyo et la troisième sur l’ île d’Elbe, la suite.
Sur un événement révélé sur le ¼ de couverture « L'orage, la nuit, le vent, la pluie, le feu, les éclairs, le sexe et la mort. Plus tard, en repensant aux heures sombres de cette nuit
caniculaire, je me suis rendu compte que nous avions fait l'amour au même moment, Marie et moi, mais pas ensemble.» , et une suite dramatique, nos deux « héros » vont se confronter de
nouveau.
3 parties au livre, un style, 3 rythmes et une métaphore ultime de la passion et de comment aimer. Comment dompter un pur sang, à Tokyo Narita n’est que l’image de comment dompter la passion
, image presque destructrice vu les moyens employés ( partie sublime de rythme, à lire d‘un trait comme si l‘écriture n‘était plus que vent et folie, tourbillon de vie) . Comment se retrouver sans
tuer une part de soi ou de l’autre ? Enfin comment reconstruire, sans faire table rase du passé (pardonner), là la métaphore du feu est magnifique une nouvelle fois.
C’est un livre court ( 200 pages) mais qui vaut bien des théories, bien des livres un concentré de langue, de ce qu’un auteur peut emmener pour aller au delà du delà, pousser encore plus loin son
talent.
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